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Mis à jour le 13/01/2026

Les soirées au Globo

Les soirées au Globo


Les soirées Chez Roger Boîte Funk au Globo et l’émergence du hip-hop en France


Les soirées Chez Roger Boîte Funk au Globo occupent une place centrale dans l’histoire du hip-hop en France. Organisées principalement entre 1986 et 1989 au sein de la discothèque Le Globo, ces soirées ont constitué un véritable creuset artistique où se sont rencontrés DJ, danseurs, rappeurs et graffeurs, à un moment charnière de structuration du mouvement hip-hop français.


Contexte et prémices du mouvement


Au début des années 1980, Paris devient l’un des principaux points d’ancrage européens de la culture hip-hop. La diffusion de musiques venues des États-Unis est favorisée par les radios libres et par des personnalités pionnières telles que DJ Dee Nasty, Sidney ou encore Alain Maneval sur Europe 1. La venue en 1982 du New York City Rap Tour, avec Afrika Bambaataa, le Rock Steady Crew et Fab 5 Freddy, marque l’entrée officielle du hip-hop sur la scène culturelle française, d’abord par la danse.

Les lieux emblématiques comme le Trocadéro deviennent alors des espaces d’expression pour les premiers breakers parisiens, tandis que le graffiti se développe dans des zones comme La Chapelle, le long de la ligne 2 du métro.


Les soirées Chez Roger Boîte Funk


Créées dans un esprit underground, les soirées Chez Roger Boîte Funk trouvent au Globo un terrain idéal. Sous l’impulsion musicale de DJ Dee Nasty, alors figure centrale de Radio Nova, le club devient un point de convergence hebdomadaire pour la scène hip-hop émergente. La programmation, largement influencée par le funk, l’électro-funk et les premiers maxis rap américains, est pensée pour la danse et l’improvisation.

Le public du Globo reflète la diversité sociale et culturelle du Paris des années 1980 : danseurs de rue, graffeurs, artistes, journalistes, étudiants et noctambules s’y côtoient. Cette mixité contribue à faire du lieu un symbole du hip-hop comme culture transversale, bien avant sa spécialisation autour du rap.


Rappeurs et MC présents ou révélés


De nombreux rappeurs appelés à jouer un rôle majeur dans l’histoire du rap français fréquentent régulièrement le Globo. Parmi eux figurent MC Solaar, JoeyStarr et Kool Shen, membres fondateurs de Suprême NTM. On y croise également les membres d’Assassin, Soon E MC, Destroyman et Jhonygo.

D’autres artistes, issus de formations comme Rapsonics ou futurs Raggasonics, participent à cette effervescence, faisant du Globo un lieu d’apprentissage informel pour le rap français naissant.


Danseurs et scène breakdance


La danse occupe une place centrale dans l’identité des soirées Chez Roger. Le Globo prolonge l’esprit des rassemblements du Trocadéro, où se sont illustrés des danseurs et crews pionniers tels que Paris City Breakers, les Aktuel Force ou encore les futurs membres de Vagabonds.

Des figures emblématiques de la danse hip-hop française comme Chabin, souvent associé aux débuts du mouvement, évoluent dans ce même écosystème, où la frontière entre DJ, danseur et animateur de foule reste poreuse. Les battles improvisés et les démonstrations de smurf, popping et breakdance font partie intégrante de l’expérience du club.


Un creuset artistique et social


Les soirées Chez Roger Boîte Funk accueillent également des artistes américains de renom, tels que Public Enemy, DJ Red Alert ou Cash Money, renforçant la légitimité internationale de la scène parisienne. Elles jouent un rôle décisif dans la constitution de réseaux artistiques durables et dans la transmission d’une culture hip-hop envisagée comme un tout, associant musique, danse et arts visuels.


Héritage


À la fin des années 1980, l’évolution des tendances musicales et la montée en puissance du rap médiatisé entraînent le déclin progressif de ces soirées. Toutefois, le Globo et Chez Roger Boîte Funk restent des références fondatrices. Ils symbolisent une période où le hip-hop français se construisait collectivement, dans un esprit de mélange et d’expérimentation, et où se dessinaient les trajectoires de nombreux artistes majeurs de la culture urbaine en France.


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